Le Conseil municipal de Roissy-en-Brie s’est réuni le lundi 28 septembre. Au-delà des différents points inscrits à l’ordre du jour, cette séance a été l’occasion d’aborder plusieurs sujets importants pour notre ville et notre territoire : l’avenir de la maternité de Tournan-en-Brie, les violences faites aux femmes, les finances communales, le recours à des sociétés privées de sécurité ou encore la protection de nos agents municipaux.
Comme après chaque Conseil municipal, je vous propose de revenir plus en détail sur mes principales interventions et sur les réponses apportées par la municipalité.
🏥 Maternité de Tournan : un vœu adopté à l’unanimité
C’était pour moi l’un des sujets majeurs de ce Conseil municipal.
J’avais demandé qu’un vœu en faveur du maintien de la maternité de la clinique de Tournan-en-Brie soit soumis au Conseil municipal. Celui-ci a finalement été remis sur table lors de la séance et j’ai eu l’occasion de le présenter en qualité de rapporteure.
Pourquoi cette mobilisation ?
Le groupe Saint-Gatien, gestionnaire de la clinique, a annoncé l’arrêt de l’activité obstétricale à compter du 15 octobre 2026. Une décision qui concerne directement notre bassin de vie : la maternité est accessible depuis Roissy-en-Brie par le RER E, sans changement, et constitue donc une offre de soins de proximité particulièrement importante pour les familles ne disposant pas de véhicule.
Cette fermeture conduirait également à la disparition de la dernière maternité privée de Seine-et-Marne. Pourtant, 345 naissances y ont encore été enregistrées en 2025 et l’établissement avait obtenu en 2023 une certification de la Haute Autorité de santé avec un score de 93,12 %.
Le vœu présenté ne consistait donc pas seulement à exprimer une opposition de principe. Il demande notamment la suspension de la fermeture annoncée, afin que toutes les solutions permettant de maintenir l’activité soient étudiées, ainsi que la réunion des différents acteurs concernés par l’État et l’Agence régionale de santé. Il demande également une évaluation des conséquences sanitaires et territoriales de cette fermeture et apporte son soutien aux personnels de la clinique.
🗳️ Ce vœu a été adopté à l’unanimité du Conseil municipal.
Je me réjouis que, sur un sujet aussi important que l’accès aux soins, l’ensemble du Conseil municipal ait pu se retrouver autour d’une position commune. Cette unanimité donne davantage de poids à la mobilisation de notre commune pour demander que toutes les solutions soient examinées avant une fermeture définitive.
✍️ Une pétition pour défendre la maternité
La mobilisation se poursuit également en ligne. Une pétition intitulée « Touche pas à ma maternité » a été lancée par le PCF77 pour demander le maintien de la maternité de la clinique de Tournan-en-Brie.
Si vous souhaitez vous associer à cette mobilisation, je vous invite à la signer et à la partager autour de vous.
👉 Signer la pétition « Touche pas à ma maternité »
Plus nous serons nombreux à nous mobiliser, plus la demande de maintien de cette offre de soins de proximité pourra être portée auprès des acteurs concernés.
♀️ Violences faites aux femmes : pourquoi ne pas davantage soutenir une association roisséenne ?
J’avais également adressé une question écrite au maire en amont du Conseil municipal.
Lors du Forum des associations du 5 septembre, j’ai rencontré Nasdène Kodia, présidente de l’association Impact Femmes Battues et Abattues, une association implantée à Roissy-en-Brie et engagée dans l’accompagnement, l’orientation et la prévention auprès des femmes victimes de violences et de leurs enfants.
Or, lors du Conseil municipal du 15 juin, la Ville avait fait le choix d’adhérer, à hauteur de 2 000 €, à The Sorority Foundation, qui agit elle aussi contre les violences et le harcèlement, notamment au travers d’un dispositif numérique d’entraide et de mise en sécurité.
J’ai donc souhaité comprendre les raisons de ce choix et savoir si un partenariat ou un soutien à l’association roisséenne avait été envisagé.
La réponse du maire : les deux associations ne proposent pas les mêmes actions. Il a également indiqué que des locaux partagés avaient été proposés à Impact Femmes Battues et Abattues, mais que cette solution ne correspondait pas aux attentes de sa présidente.
J’entends cette réponse et la différence entre les dispositifs proposés par les deux structures. Je continue néanmoins de penser qu’un soutien financier à une association implantée dans notre commune, capable d’intervenir directement auprès des habitantes et sur notre territoire, aurait mérité d’être envisagé.
Les deux approches ne sont d’ailleurs pas nécessairement incompatibles : un outil numérique peut avoir son utilité, tout comme la présence physique et l’accompagnement de proximité.
💶 Un emprunt de 1,4 millions d’euros : pour financer quoi ?
Parmi les décisions prises par le maire depuis le précédent Conseil municipal, la décision n°62/26 a particulièrement retenu mon attention.
Elle concerne la souscription d’un emprunt de 1,4 millions d’euros auprès du Crédit Agricole Brie-Picardie, sur une durée de 25 ans.
J’ai donc posé une question assez simple en séance : à quel investissement cet emprunt est-il destiné ?
Dans sa première réponse, le maire a évoqué l’acquisition de l’ancienne Poste située avenue Jean-Monnet, avant de préciser ensuite que cet emprunt participait plus globalement à l’équilibre du budget.
Cette réponse mérite d’être rapprochée de la décision modificative du budget présentée lors de ce même Conseil municipal. Le rapport de présentation mentionne explicitement parmi les opérations concernées « l’emprunt pour l’achat de l’ancienne Poste avenue Jean Monnet » à hauteur de 980 000€.
Je resterai donc attentive à l’utilisation de cet emprunt et, plus largement, à l’évolution de l’endettement de la commune.
🏤 Ancienne Poste Jean-Monnet : un achat, mais pour quel projet ?
Cette acquisition explique également mon vote sur le point n°2, consacré à la décision modificative du budget principal 2026.
Le document budgétaire prévoit notamment l’achat du terrain et du bâtiment de l’ancienne Poste Jean-Monnet.
Sur ce point, je me suis abstenue.
Non pas parce que je serais opposée par principe à l’acquisition de ce bien par la Ville, mais parce qu’une question reste pour moi sans réponse suffisamment précise : quel projet la municipalité souhaite-t-elle réaliser sur ce site ?
Lorsqu’une commune engage de l’argent public dans une acquisition foncière ou immobilière, je considère important que les élus (et les habitants) puissent connaître la finalité poursuivie.
Acheter un bien est une chose. Savoir ce que nous souhaitons collectivement en faire en est une autre. Je serai donc particulièrement attentive aux prochaines annonces concernant l’avenir de ce site.
🛡️ Jusqu’à 90 000 € HT par an pour des prestations privées de sécurité
Deux autres décisions ont suscité mes questions : les décisions n°66/26 et n°99/26.
La première concerne un accord-cadre pour des prestations de sécurité et de protection par vigiles, avec un montant pouvant atteindre 20 000 € HT par an. La seconde porte sur la télésurveillance et la protection des bâtiments communaux, pour un montant pouvant atteindre 70 000 € HT par an.
Cela représente donc potentiellement jusqu’à 90 000 € HT par an, pour deux types de prestations distincts.
J’ai demandé au maire quels événements, bâtiments et besoins justifiaient concrètement ces marchés.
Il m’a notamment été répondu que le recours à des vigiles concernait des événements comme Roissy en vacances, tandis que l’autre marché répond aux besoins de télésurveillance et de protection de bâtiments municipaux.
Il me semblait important d’obtenir ces précisions : derrière les intitulés parfois très administratifs des décisions figurent des dépenses publiques dont nous devons pouvoir comprendre concrètement l’utilisation.
👮 Protection fonctionnelle : deux situations concernant des agents municipaux
Mme Aramis est intervenue sur les décisions n°80/26 et 119/26, relatives à l’octroi de la protection fonctionnelle à deux agents de la Ville.
Les décisions publiées indiquent respectivement des faits de harcèlement moral et des faits de menaces dans le cadre professionnel.
Les précisions apportées en séance ont permis de comprendre que l’une des situations concernait un agent municipal confronté à du harcèlement sur les réseaux sociaux, tandis que l’autre concernait un agent de la Police municipale ayant reçu des menaces dans l’exercice de ses fonctions.
Sur ce sujet, ma position est claire : les agents publics doivent pouvoir exercer leurs missions sans subir menaces, intimidations ou harcèlement. Lorsqu’ils sont attaqués en raison de leurs fonctions, leur protection par leur employeur public est essentielle.
🏃 Associations sportives : plusieurs ajustements de subventions
Le Conseil municipal s’est également prononcé sur plusieurs sujets concernant les associations sportives roisséennes.
Une subvention exceptionnelle de 2 000 € a notamment été accordée à l’USR Athlétisme pour contribuer à l’organisation de la Manifestation Sportive Roisséenne – 10 km Forestier.
Le Conseil a également tiré les conséquences de la réorganisation de la gymnastique à Roissy-en-Brie. À la suite du retrait de la section gymnastique de l’Union Sportive de Roissy-en-Brie et de la création d’une nouvelle association, Roissy-en-Brie Gymnastique, les subventions ont été réajustées.
La subvention annuelle de l’USR est ainsi ramenée de 84 355 € à 76 405 €, soit une diminution de 7 950 €. Cette même somme de 7 950 € est attribuée à la nouvelle association Roissy-en-Brie Gymnastique pour lui permettre de poursuivre l’activité sur la commune.
Ces décisions rappellent l’importance du tissu associatif sportif dans notre ville. Derrière les montants votés, ce sont des bénévoles, des éducateurs et des dirigeants qui permettent chaque semaine à de nombreux Roisséens, jeunes comme adultes, de pratiquer une activité sportive.
🐴 HI HAN : 300 € pour une association présente depuis 30 ans à Roissy-en-Brie
Autre subvention examinée lors de ce Conseil municipal : celle accordée à l’association HI HAN.
Cette association fait partie du paysage roisséen depuis longtemps puisqu’elle a été créée en 1996 et fête donc cette année ses 30 ans. Elle gère un parc animalier et propose des activités autour des animaux, notamment à destination des jeunes. J’y ai même été bénévole quand j’avais 8 ans !
Pour marquer cet anniversaire, HI HAN porte un projet de rénovation et d’embellissement de son parc, comprenant notamment la réalisation d’une fresque murale ainsi que la création d’un espace photo ludique. Le coût prévisionnel du projet présenté dans le rapport municipal est de 1 500 €.
La subvention exceptionnelle accordée par la Ville s’élève, elle, à 300 €.
Je considère que ce montant est modeste au regard du travail réalisé par cette association depuis trois décennies et de la plus-value qu’elle apporte à notre ville.
Trente années de présence, d’activités et d’investissement local méritent d’être soulignées. Nos associations historiques participent à la vie de Roissy-en-Brie, créent du lien et contribuent à son identité. À ce titre, je pense que HI HAN aurait mérité un soutien financier plus conséquent pour ce projet anniversaire.
Cela n’enlève rien au principe de la subvention accordée, que je soutiens : mon observation porte bien sur son montant, que je trouve faible au regard de l’ancienneté et de l’action de l’association.
🔎 Informer, expliquer et rendre compte
Un Conseil municipal ne se résume pas aux délibérations soumises au vote. Il comprend également de nombreuses décisions prises par le maire entre deux séances, qui sont ensuite portées à la connaissance des élus.
Certaines peuvent paraître très techniques. Pourtant, derrière un numéro de décision se trouvent parfois plusieurs millions d’euros d’emprunt, des marchés publics, la protection d’agents municipaux ou des choix qui concernent directement la vie quotidienne des habitants.
C’est aussi mon rôle d’élue d’opposition : lire ces décisions, poser des questions lorsque cela me semble nécessaire, demander des précisions et vous rendre compte des réponses obtenues.
Je continuerai donc à vous informer régulièrement des décisions prises au Conseil municipal et des sujets qui concernent l’avenir de Roissy-en-Brie.


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